Au commencement...
… il y eut la page word, blanche, vide, immense.
NaNo-quoiii ?
C’était deux jours avant le début du mois de novembre 2005, à la toute fin octobre, donc, quand Leippya, une amie LJ, m’a dit : « Cécile ! Viens, on participe au NaNoWriMo ! » - « Au quoi ? » - « Au National Novel Writing Month. En fait, c’est international, mais tu vas voir, c’est génial. Tu n’as rien à faire en novembre, n’est-ce pas ? »
Je me renseignais sur le site officiel www.nanowrimo.org et j’étais tout de suite enthousiasmée : écrire un roman de 50 000 mots en un mois seulement, voilà qui était un défi intéressant ! Je décidai de me lancer avant même d’avoir le plus minuscule embryon d’idée. J’avais deux jours pour inventer monde, personnages et intrigue (car bien sûr, je voulais écrire de la fantasy), avec une ambition supplémentaire : les organisateurs du NaNo ont pour leitmotiv quelque chose qui ressemble à « Ecrivons vite, écrivons mal, corrigeons après ! » La partie « écrivons-mal » me dérangeait, aussi je décidais que, quitte à écrire, autant de mon mieux, même si je doutais d'avoir le temps de m'appliquer.
De la fantasy…
A cette époque, j’étais à fond dans les fanfictions. Je lisais des fanfics, j’écrivais des fanfics, je reviewais des fanfics, je rêvais de fanfics, le tout sur le site www.fanfiction.net Il se trouve que, le matin avant que Leippya ne m’embarque dans sa folle aventure, Alohomora publiait le chapitre « 24 heures dans la vie d’une sorcière », de sa fanfiction très célèbre dans le fandom Harry Potter : Les Portes. Dans ce chapitre, on suivait les pérégrinations d’une sorcière que jusqu’à lors nous étions incapables de cerner correctement à cause du mystère qui l’entourait. Mais là n’est pas le sujet. Il y avait plus intéressant à mes yeux : l’introduction des sphinx dans la fanfiction. Je me suis dit que j’allais écrire une fanfiction à ce sujet avant de me raviser, optant plutôt pour une nouvelle. Puis, quelques heures après, Leippya m’a parlé du NaNo, et j’ai décidé d’accomoder les légendes egyptiennes à ma sauce, plus particulièrement les sphinx car mon esprit débordait d’idées à leur sujet.
Voilà pour la partie fantasy. Attention : cette fanfiction m'a donné envie d'écrire à propos des sphinx, je n'ai pas copié les idées de l'auteur... loin de là. J'ai recréé toute une civilisation égyptienne dont je ne suis pas peu fière. ^^
Bon, il est dit qu’Entrechats contient aussi des éléments estampillés « polar », ou tout du moins « enquête ». Pourquoi ?
…saupoudrée de polar.
Ah… si vous saviez. Les basses raisons ! J’étais et reste une faible fangirl. Je l’avoue honteusement… ou pas. C’était la folie Alias en 2005, chez moi. C’était la première série que je regardais – et oui – et j’étais enthousiasmée par le concept. Mon NaNobut était donc d’écrire un roman qui ait l’ambiance haletante d’une série d’action, avec une forte concentration sur les méchants. Car je voulais mon Mr Julian Sark à moi. Et j’ai réussi à le créer, il est même tellement charismatique parfois qu’il amoindrit un peu l’aura des autres, je trouve (il faudra que j’en parle à mon éditeur, pour que j’effectue un rééquilibrage à ce niveau). En 2005, il s’appelait Sesostris. Il a changé de nom depuis, mais je n’en dirai pas plus. ;)
Go-go-go !
Bref, poussée par l’envie de relever le défi, inspirée par des sources aussi surprenantes que différentes, en deux jours, j’ai créé le monde d’Entrechats, les personnages principaux, etc. J’ai écrit des synopsis à points de vue multiples pour être sûre de bien croiser mes intrigues (un par personnage, très exactement), et, au premier novembre, minuit une, j’écrivais les premiers mots…
Ma vie sociale en a pris un sacré coup, mais j’ai réussi, j’ai terminé la première version d’Entrechats en un mois. Autant vous dire que c’était un amalgame de fautes d’orthographe et d’horreurs stylistiques, mais j’avais mon premier jet.
S'en suit une année de correction acharnée, et j’envoie aux éditeurs fin 2006. Quelques mois d’attente… Verdict : sur mon livejournal, j’avais inauguré le tag « râteaux » mais pas encore « pelles ». ;o) Cependant, les retours étaient encourageant, on me reprochait un manque de maturité, un style maladroit, et plein d’autres défauts encore. Mais on soulignait avec force l’originalité du contexte, de l’intrigue, et la force de certains personnages.
J’étais motivée, j’adorais cette histoire.
J’ai mis la première version à la poubelle, j’ai repris mes synopsis, et j’ai tout recommencé à zéro. Alors que je retravaillais tout le fond, développais le contexte sociopolitique de l’histoire et le background des personnages, j’expérimentais pour la première fois un exercice ardu : rechercher mon style. J’ai écrit des tas de scènes inutiles, juste pour m’entraîner. Des bonus, des mini-nouvelles. Cette frénésie créative a donné lieu à des nouvelles, au début pas brillantes, que j’envoyais ici et là.
Puis un jour… le déclic. Je ne sais pas quoi, ni comment. Quelque chose a juste changé dans ma manière d’écrire, dans ma méthode. Je me suis trouvé un rythme de travail, et j’ai recommencé à écrire. Entrechats, version 2…
Ca m’a prit six mois. Fin juillet 2007, j’achevais cette version, la relisait dans mon coin et, fin août, je l’envoyais à mes bêta-lecteurs bien aimés. Les retours ne se firent pas attendre. Il était clair que cette version était bien meilleure. Fière de cette constatation, je redoublais d’effort pour finaliser le roman. Peu après Noël, j’envoyais mon roman à six éditeurs.
La suite, vous la connaissez. :)
On ne peut pas dire que la genèse d’Entrechats soit banale. Ni ses sources d’inspiration, assez improbables. Qui l’eut crû ? En tous cas, cela prouve deux choses : le travail paie, et les cocktails détonants aussi.
Le mot de la fin
Un grand merci à Grand-Mère qui sait faire un bon café et m’a soutenu durant ce mois de novembre 2005.
Un grand merci à tous les bêta-lecteurs qui ont supporté mes crises de nerf caféinées et mes délires d’écriture pendant ces deux ans, en particulier Andromède, Samantha Bailly, Vanessa du Frat, Pingu, et Luminelya, qui ont bêta-lu soit la première, soit la deuxième version, et les personnes qui m’ont encouragée, surtout la communauté livejournal. ;)
P. S. Je me suis mise au thé.