Entrechats, roman pour les jeunes...

Publié le par Cécile D.

... et les moins jeunes.

Quand Raphaël de l'Olibrius Céleste m'a proposé une publication, il a précisé qu'Entrechats ouvrirait leur collection jeunesse. J'avoue que cela m'a surprise. Pourquoi ? Eh bien parce que, lors de l'écriture, je n'ai pas pensé à un public particulier. Disons que je m'adressais à moi-même et aux gens qui appréciaient mes univers. Je ne fonctionnais pas par tranches d'âges.

Il se trouve que la collection jeunesse de l'OC s'adresse aux jeunes et aux moins jeunes. Quand Raphaël a précisé ça, ma foi, c'était parfait ! Ca correspondait à la façon dont j'avais écrit ce roman : pour tout le monde, et personne en particulier.

Néanmoins, l'air de rien, maintenant que je sais pour qui j'écris (pour les adultes mais aussi pour la jeunesse, donc), je me pose beaucoup de questions. Ce que j'ai fait d'une manière inconsciente lors de l'écriture se révèle beaucoup moins facile pour la correction. Je n'ai bien sûr pas commencé (début juin, après mes examens, je m'y mets !!) mais je planifie, je prépare le terrain, et je m'interroge sur quelles sont les limites à ne pas dépasser pour rester accessible aux plus jeunes (dès 12-13 ans disons).

J'ai proposé quelques corrections à Raphaël, déjà, mais cela aurait allongé le texte, et il doit conserver à peu près sa taille actuelle. En jeunesse, la taille du texte est très importante. Entrechats s'élève à quelque chose comme 600 000 signes espaces comprises. Je dépasse tout juste la taille moyenne française (500 000 signes espaces comprises) et il ne s'agirait pas de tendre vers les 650 000 signes par excès de zèle. ;p

Ensuite, autre contrainte inattendue : les scènes violentes. Je suis d'accord, le JT du 20h est probablement plus gore et choquant, mais ça n'enlève rien à mon problème : deux-trois scènes limites à ce niveau-là parsèment le roman. Je ne suis pas une spécialiste du genre, donc je compte bien retravailler ces scènes, mais dans quel sens ? Là aussi, je m'interroge.

Autre questionnement, et là, c'est la panade complète : qu'est-ce qui, vraiment, fait d'Entrechats un roman accessible à la jeunesse ? J'ai bel et bien le sentiment qu'il appartient à cette catégorie, mais j'ai énormément de mal à définir pourquoi, à cause de quels éléments, quelles approches, etc. Bon, bien sûr, j'ai quelques éléments de réponse, mais ce serait révéler des éléments du roman, donc je vais m'abstenir. :)

D'où, ma question, pour vous : qu'est-ce qu'un roman jeunesse ?

Vous avez quatre heures, cette note comptera pour 70 % de votre note finale. ;)

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Publié dans Corrections

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L
Je suis d'accord avec ce qui a été dit précedemment, en particulier par Samantha, Andromède et Alexis. C'est la vision que j'ai d'un roman jeunesse. Il y a toujours plus ou moins des scènes de violence, ou des personnages torturés (psychologiquement). Je prend en plus des autres exemples, celui du Seigneur des anneaux estampillé "jeunesse". Je suis entrain d'écrire, je suis plutôt à la 1ère phase (fiches résumé, peuples, perso...) mais j'ai le sentiment que mon histoire sera jeunesse, sans vraiment pouvoir l'expliquer moi aussi. C'est une question de ton, de rytme aussi je pense, de themes abordé, etc. Je suis bien d'accord avec Alexis pour les deux niveaux : je suis plutôt engagé, beaucoup de chose me font enrager et je suis très "devoir de mémoire" : ça apparaîtra forcément dans mon récit, dans un personnage tyranique ou une situation politique, dans certaines répliques de personnages, ou même dans la théologie ! Ca sera inaccéssible aux plus jeunes mais certains adultes repèront ce genre de chose.Je crois tu n'as pas à t'inquiéter pour tout ça, s'il y a des scènes dures dans ton bouquin, dis-toi que ceux qui vont lire en ont vu et lu d'autres ! (bon comme tu as commencé ta correction, je pense que tu as réglé ce point mais j'avais quand même envie de mettre mon grain de sel ! ^^)Au fait ! 600 000 signes je vois pas ce que ça donne ! Ca fait combien de pages word à peu près ?
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C
<br /> En effet, comme tu le soulignes, je crois qu'Entrechats est un roman un peu "bâtard", dans le sens où il est à cheval sur la ligne, fine mais existante, qui sépare le roman jeunesse du roman<br /> adulte. D'ailleurs, Vincent, mon éditeur, m'a fait remarquer qu'il suffirait de peu de choses pour le faire passer définitivement en roman adulte.<br /> Mais bon, que mon roman soit tous publics, j'aime bien. =)<br /> <br /> 600 000 signes, en times 12 interligne 1,5, sur word 2007, ça fait 292 pages word. ^^<br /> <br /> Biz !<br /> <br /> <br />
B
C'est excellent ! Je retrouve par hasard ta trace sur ce blog, et j'y apprends qu'Entrechats va être publié !Alors toutes mes félicitations !!!!  :o)Ca fait toujours plaisir les bonnes nouvelles !
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C
<br /> Coucou, toi ^__^<br /> Ah, je pensais avoir hurlé ma joie au monde entier, et même à la lune... faut croire que j'ai pas assez de voix, encore. ;)<br /> Merci beaucoup. =)<br /> <br /> Je suis ton blog de loin, j'y vais régulièrement prendre des nouvelles. J'ai vu que tu reprenais doucement l'écriture, après une période de creux. C'est bien ça. ^^<br /> <br /> <br />
G
Je m'étais fait dire par un auteur jeunesse (justement) qui s'était fait dire que la vraie très grande différence entre romans jeunesses et romans pour adultes, c'était le sexe. Bon et là on se retrouve avec tout plein de romans pour jeunes qui parlent de viol, d'avortement, d'inceste, mais la plupart du temps, ces romans font partie de la littérature «générale», celle dans le monde réel qui parlent des jeunes d'aujourd'hui avec des problèmes personnels d'aujourd'hui. À mon avis, si les littératures de l'imaginaire traitent moins de ces questions au niveau jeunesse, c'est parce qu'elles ont autre chose à faire, notamment mettre les bases d'un autre monde. Alors, ouais, pas de scènes de sexe explicites en littérature jeunesse, ce qui n'empêche en rien d'en avoir sous-entendues (par exemple dans «ils parlèrent longtemps et se couchèrent tard»)Parce que finalement, on peut aborder exactement les mêmes thèmes, sauf que pour la jeunesse, il reste une certaine pudeur de l'auteur. (Donc c'est à la discrétion de chacun. Donc il n'y a pas vraiment de réponse.)C'était ma petite contribution
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C
<br /> Salut, Ness, Alexis et Gadrièle !<br /> Désolée de répondre si tard, j'avais lu vos commentaires, mais le temps pour y répondre en détail m'avait manqué... et me manque toujours.<br /> Je dois filer, mais je vous remercie pour vos contributions respectives. Ca m'aide bien, tout ça !!<br /> <br /> Au final, je crois que je vais écrire comme j'ai toujours écrit, cela devrait aller... ;)<br /> <br /> Bises !<br /> <br /> <br />
A
Je n'ai pas lu ton roman, donc ma réponse sera sans doute incomplète.Pour moi, un roman jeunesse sous-entend une universalité et une lecture à plusieurs niveaux. Je m'explique.Prenons un exemple universel : Astérix. Quand je les lisais étant enfant, j'y prenais beaucoup de plaisir : situations, bagarres, etc...Ensuite, devenu "adulte", ma relecture s'est émaillée de découvertes que je n'aurais jamais pu relever auparavant ! Par exemple les noms employés, dont certains sont vraiment tordus. Autre exemple, dans Astérix chez les Belges, Goscinny cite plusieurs fois de manière détournée... Victor Hugo. Je ne plaisante pas ! Or, ce genre de citation, très drôle, est totalement inaccessible à des enfants et fort peu à des adultes.Toujours dans Goscinny, Le Petit Nicolas est aussi symptomatique. Les enfants y prennent plaisir car cela dépeint un enfant de leur âge. Un ado ou un adulte, en revanche, comprend clairement que les livres sont surtout adressés au monde adulte et décrit ses imperfections.Goscinny était un auteur jeunesse qui avait donc le plus souvent un double discours. Pour moi, c'est cela un auteur jeunesse : quelqu'un qui est capable d'avoir cette écriture à deux niveaux de lecture.Si ton livre est ressenti comme un livre "jeunesse" par le patron de l'OC, ce n'est pas forcément un passage précis qui en est responsable, c'est que le scénario contient des éléments susceptibles de plaire à plusieurs publics, dont les adultes. C'est aussi un ton, tout simplement.Comme d'autres l'ont très bien dit ici, tu n'as pas à te préoccuper d'orienter ton roman ou tes thèmes pour en faire un roman "jeunesse", mais seulement te soucier que les lecteurs "jeunesse" puissent y trouver leur compte et passer un bon moment !Désolé, j'aurais sans doute était de plus de secours si j'avais lu le livre.Alexis
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N
On m'a déjà dit que "le sang des miroirs" était un roman pour la jeunesse. Compte tenu des thèmes abordés (viol, inceste, cruauté envers les animaux, folie, suicide, etc.), j'étais un peu "euuuhhhh...". Mais on m'a ensuite dit que "roman pour la jeunesse", c'était plus 15-20 ans que 10-14.Cela dit, oui, en effet, pour moins, Entrechats est clairement un roman pour la jeunesse. Je ne saurais pas te dire pourquoi, mais ça me paraît super clair. Tout comme Les Enfants de l'Ô en est un, d'ailleurs.Je pense que tu n'as pas à modifier pour aller dans un sens ou l'autre. Si Entrechats est destiné aux jeunes et aux moins jeunes, cela ne sert pas à grand-chose de pousser le côté jeunesse ou le côté sérieux.Et franchement, je n'ai pas du tout été choquée par le caractère sombre des personnages ou quoi que ce soit. A mon avis, comme dit Andromède, Entrechats est parfaitement adapté, tel qu'il est, à la jeunesse.
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