Personnages : l'âge qu'ils ont, l'âge qu'on leur donne...

Publié le par Cécile D.

L'Olibrius Céleste m'a demandé de retravailler certains personnages, de manière à ce qu'ils reçoivent tous un traitement égal, et à ce qu'ils se démarquent bien. Je m'attaque aujourd'hui au retravail de quatre personnages importants.

Il s'agit simplement de développer certains traits de caractères, ou de mieux amener certaines réactions. C'est donc un travail léger mais nécessaire. Plein de détails à vérifier, ajuster ; un travail de fourmi (mais c'est là le pain quotidien des auteurs, on ne le dira jamais assez).

Dans un roman "jeunesse", les personnages sont tous adolescents à leur manière. Alexis Flamand me l'a dit, ici en commentaire et en fiche de lecture également. Les personnages "jeunesse" sont entiers dans leurs réactions, leurs pensées, leurs passions. Avec du recul, je me dis que c'est bel et bien le cas dans Entrechats. Un autre commentaire, venant de mon éditeur cette fois-ci, précisait que mon roman aurait très bien pu trouver sa place dans une collection "adulte" mais qu'il avait l'avantage de pouvoir plaire et être accessible aux deux publics.

En fait, ces deux remarques rejoignent une réflexion que je m'étais faite il y a quelques temps, et dont j'ai reparlé aujourd'hui sur le forum d'Utopie (une très sympathique communauté SFFF, n'hésitez pas à aller y faire un tour si le coeur vous en dit).

Il y a longtemps, on m'avait dit "C'est un bon roman qui souffre de la jeunesse de son auteur".
Je crois qu'Entrechats, malgré tous mes efforts pour écrire comme les grands auteurs adultes, est un roman jeunesse précisément parce qu'il a été écrit par une jeune fille. J'avais 18 ans lors du premier jet. Aujourd'hui j'en ai 20, et je ne me considère toujours pas comme adulte. C'est à la fois un défaut, parce qu'il s'agit de quelque chose que je ne maîtrise pas encore dans mon écriture, et que seul le temps saura modifier, et une qualité, car j'aime cet esprit entier des adolescents et des jeunes adultes, esprit qui, en fait, me caractérise en tant qu'être humain.
Je ressemble beaucoup à mes personnages, et c'est là leur principal défaut.

Prenons Khéphren, par exemple.
Biologiste magique, renommé, un côté un peu "star", passionné par les sphinx.
Sérieusement... si ce personnage avait la vingtaine, voire la trentaine... il ne remplirait pas bien le rôle qui lui a été assigné dans le roman (et que je ne dévoilerai pas ici). On m'a dit qu'il n'avait, je cite, "pas d'âge défini". Oh mais si ! Khéphren est l'un des personnages les plus importants de ce roman, roman "jeunesse", j'insiste, et biologiquement il a cinquante-neuf ans minimum dans ma tête !!!

Comme je le disais plus haut, c'est à la fois une qualité et un défaut.
Un défaut car j'ai du mal à me mettre dans la tête d'un homme qui arrive sur ses vieux jours (même si 60 ans, je trouve ça encore jeune).
Une qualité, car cela veut dire que j'ai réussi là où je voulais réussir : que Khéphren soit un personnage attachant pour tous, à tout âge !
Le processus a été à la fois conscient (j'ai longuement travaillé ce personnage, ses comportements, son caractère, etc.) et inconscient (je ne pensais pas qu'il puisse être attachant pour un public "jeunesse").

Au final je suis contente de ce personnage, et des autres, mais voilà.
Le lecteur lui donne un âge indéfini, car cet âge n'est pas explicitement précisé dans le roman. Néanmoins, Khéphren a des cheveux gris, il a mal dans le dos et l'âge se fait sentir, après une vie d'aventures.

Le travail "léger mais nécessaire" que je vais effectuer d'ici la fin de la semaine, pour Khéphren, sera donc le suivant : mieux l'ancrer dans son âge biologique, tout en conservant cet aspect "intemporel" qui le caractérise.

Ah, que je l'aime, ce Khéphren !
(j'aime les autres personnages aussi, bien sûr. Ah, et Rajehb, surtout Rajehb sinon il va encore râler).

Et vous ? Avez-vous déjà eu ce genre de souci, qui est un problème sans en être un ?
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Publié dans Corrections

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L
Ah, les personnages! Les meilleurs amis et les pires ennemis d'un écrivain! Ils échappent tout le temps à leur créateur, veulent vivre LEUR vie, à LEUR manière...Décourageant parfois!^^Mais on les adore quand même et on les remercie pour ce qu'ils acceptent d'endurer sous la plume de l'écrivain...malgré les problèmes qu'ils posent. Surtout au niveau psychologie. Le pire truc qui puisse exister dans l'écriture d'un roman. Et je comprends parfaitement ton problème. Comment à 17 ans (ou 20 ans) peut-on possiblement se mettre dans la tête de personnes deux à trois fois plus âgées et aux motivations parfois obscures? Dur, dur. J'écris beaucoup de choses pour ne rien dire au final. Un dernier mot, je te souhaite bonne chance pour être écrivain et bonne chance à tes personnages! (ne connaissant pas le détail de l'histoire, je peux difficilement leur dire "longue vie"^^).
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C
<br /> Oui, les personnages ont leurs petites crises existentielles, eux aussi... mais c'est ce qui les rend humains, profonds, imprévisibles, et fait tout le piment de l'écriture !<br /> <br /> Merci beaucoup de m'encourager, ça fait plaisir. Je me sens moins seule devant ma page word grâce à ce blog et aux commentaires postés. :)<br /> (et pour les personnages, tu as raison de ne pas leur souhaiter une "longue vie" à tous... j'adore tuer les personnages que j'aime le plus... hé hé.)<br /> <br /> <br />
A
Je crois que tu mets le doigt sur une question importante... et au fond, c'est là tout l'art de l'écrivain : dépasser sa propre expérience, pour "imaginer ce qu'il ne connaît pas" ( Balzac a écrit un truc là dessus, je crois ). Dans ton cas, Képhren est très bien comme il est, parce qu'il est vieux physiquement, mais au plan symbolique, il aussi "imprudent" ( enfin, à la fois casse-cou et sûr de lui ), comme un djeun'z^^ ( du moins c'est comme ça que je le vois ).De mon côté... J'avoue que je me suis longtemps posé la question pour Miroir... qui ne fait absolument pas ses seize ans sur bien des points, et sur le Chevalier... Mais lui et le réalisme, ils sont très beaucoup fâchés, donc un peu plus ou un peu moins... :pMais du coup je me pose une question, quoiqu'au fond je connaisse déjà la réponse. Est-ce que "Miroir" est vraiment un roman jeunesse ? O_o... J'en ai de moins en moins l'impression ç_ç*va méditer*PS : Rajebh, on t'aime !
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C
<br /> Important, voire fondamental. C'est l'auteur qui fait le roman, et donc tout est fantasme, y compris les personnages. Se dépasser, c'est très très dur. J'imagine que l'inverse est aussi difficile :<br /> entrer dans la tête d'un enfant sans être "cliché" quand on a cinquante ans passés et qu'on écrit, ça ne doit pas être facile !<br /> <br /> Le côté symbolique est extrêmement important.<br /> Pour Miroir, je trouve que ce n'est pas un roman "jeunesse". C'est un roman qui s'adresse aux grands enfants, aux fans d'épopées, aux assoifés de libertés, aux derniers héros nobles qui<br /> traversent ce monde en fantômes silencieux... aux gens qui te ressemblent, quoi. ;)<br /> Entrechats est à mon image aussi. J'ai 20 ans, et je suis entre l'adolescence et l'âge adulte, j'en suis consciente. En fait, ce n'est pas étrange de constater que le public du roman<br /> ressemble à l'auteur (même si ce public peut être tout à fait différent aussi, mais ce que l'auteur écrit, il l'écrit pour lui avant de l'écrire pour un public précis).<br /> <br /> *se relit*<br /> Ouh là, j'espère être claire. Je ne trouve pas de façon plus appropriée de dire tout ça. ^^<br /> <br /> P.S. Rajehb t'embrasse fort ! Mais là, c'est son tour de garder Lita...<br /> <br /> <br />