Fanart de Rajehb... et un extrait !
En bonus, un extrait du roman, celui de ma première apparition, description à la clef :
| EXTRAIT RETIRE POUR PUBLICATION ET CESSION DES DROITS |
quelqu’un entra sans gratter au battant. C’était Rajehb, avec sa farandole de sourires, sa bonne humeur impérissable, ses mèches dans la figure et sa coiffure de voyou, d’une excentricité détonante à côté de son complet classique en lin blanc. En effet, on n’aurait pas imaginé un corps en tout point respectable allant avec une tête pareille : rasée d’un seul côté, le reste des cheveux rabattus sur la moitié du visage, on ne pouvait manquer le lobe de son oreille, percé d’anneaux, d’écarteurs et de boucles en argent de toutes sortes. Cette apparence, ajoutée à l’attitude désinvolte du jeune homme, faisait enrager son père, le préfet de police, qui le jugeait immature et l’éloignait des affaires les plus sérieuses « afin qu’il ne se blesse pas ». Pour sa part, Meskhenet l’appréciait beaucoup, tant pour son caractère entier que pour le travail irréprochable qu’il fournissait dès lors qu’on lui donnait une tâche à la hauteur de ses compétences. Et il le savait très doué. De plus, son assistant parvenait à le convaincre que leur mission n’était pas si dérisoire.
Le jeune homme s’avança de sa démarche trépidante. Comme à son habitude, il employa le surnom si particulier qu’il donnait à Meskhenet. Même s’ils n’avaient que cinq ans de différence, Rajehb le considérait comme son mentor et, à titre plus personnel, son grand-frère :
« Prof’, un dossier pour nous, que je viens d’enregistrer. »
L’inspecteur hocha la tête. Habitué à ses réponses silencieuses ou monosyllabiques, Rajehb n’en prit pas ombrage et continua :
« Tu n’ouvres pas les rideaux ? Il fait beau et les travaux de réfection de la petite arche de Mâat et du temple des Justes sont finis. Il n’y a plus de tags, tu devrais en profiter. En plus, c’est sombre là-dedans… Se contempler le nombril dans le noir, ça ne sert à rien. »
Il prit place en face de lui et, sans attendre de réponse, d’un claquement de doigts, fit s’ouvrir les rideaux qui battirent contre les murs. La lumière chaude du matin traversa le bureau en cascade oblique, jouant avec le pendule suspendu dans le vide qui ornait un coin de bois poussiéreux, l’un des rares éléments décoratifs dans cette pièce au mobilier très limité. D’un autre claquement, il éteignit la lampe.
« Utiliser la magie pour si peu, c’est…
…de la frime, je sais. »
Meskhenet eut un demi-sourire de connivence. Il lui jeta un regard de biais, amusé par son impertinence savamment dosée. Rajehb lui rendit son sourire, puis ouvrit le dossier à la première page.
« J’ai pensé que ça pourrait nous distraire, une affaire de ce genre. Un vieux berger qui empeste le bouc a déboulé et doublé tout le monde, sous prétexte qu’il aurait découvert le cadavre d’un sphinx en plein désert. »
Meskhenet hoqueta. La commissure de ses lèvres se souleva, moqueuse.
« Celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite…
